L’aven

J’ai trébuché

Si longtemps

Je suis tombée

Un aven sombre et mystérieux

Des salles immenses

fragiles cathédrales de stalactites

Des ombres partout

Tissent des toiles invisibles

Formes floues dans les brumes

Voiles déchirés

Lambeaux laiteux

rampent dans les marais

Ta main me guide

Je chancelle

Mes pieds blessés

Sur les pierres polies

Je glisse

vide …..

Je tombe

un lac

Lisse

comme un miroir

trop longtemps

Je sonde les eaux noires

je bascule

mes pieds blessés

ta main me retient

je gravis la pente rocheuse

ta main me saisit

je sens….

le vide m’aspire

les ombres m’écrasent

J’ai peur

ta main me guide

Et ta main est ferme

la nuit se fait claire

la nuit se fait belle

et l’aurore dissipe la nuit

Je tremble

Ton souffle trace le chemin

Me tire de l’ombre

Hurlement sauvage

La terre est noire et profonde

Des profondeurs de la terre

J’absorbe mon vide

Chute …. Emergence

Ta voix me guide

Ton souffle trace le chemin

Flot jaillissant

je m’élance

vers une lumière d’azur

je m’élève

Ton souffle me porte

je glisse dans le courant

Je danse… et danse… danse

dans le bleu de tes yeux

ta main me guide

L’azur coule de tes yeux

La fine ligne de ton souffle

trace le chemin

je pose mes pieds

sur le fil ténu

Ton souffle trace le chemin

L’azur coule de tes yeux

Je m’abandonne

portée par le courant de la rivière

et si…. je lâchais ta main ???

Je tremble de peur

souffle, son, vague

Je traverse l’ombre

Je me glisse dans l’azur

L’Aven © Mashou Septembre 2019

Dévider

Le sol se dérobe
un trou béant, noir profond,
Loin au-delà du précipice

dans la mouvance de l’air

Je la vois marcher

sur la piste

à travers la forêt

les fils de sa pelote

tombent derrière elle

impriment sa trace
La nuit est  fraîche

un peu vide peut-être
Sentir le sol

un peu plus solide

sous mes pieds

m’ancrer

M’enraciner

Et ne pas tomber

dans le vide

qui aspire

m’endormir très vite
retrouver le bleu de tes yeux

dans un rêve

trop doux

Mémoires ….palimpseste

Mémoires ….palimpseste
παλίμψηστος -ος, -ον( επίθετο )
1. που έχει σβηστεί και ξαναγραφεί ή ξαναζωγραφιστεί
Le palimpseste (du grec ancien παλίμψηστος / palímpsêstos, « gratté de nouveau ») désigne un manuscrit écrit sur un parchemin préalablement utilisé, et dont on a fait disparaître les inscriptions pour y écrire de nouveau.
Effacer, estomper, éliminer, ôter, gommer, enlever, raturer, rayer, biffer, gratter, balafrer, barrer, radier,érafler, gribouiller, griffonner, crayonner, maculer, tacher, éclabousser.
RÉCRIRE, RÉÉCRIRE,, verbe trans. »
A. − Récrire, réécrire (qqc.). Donner une nouvelle version d’un texte déjà écrit.

Mémoires passées

To soup (1a).jpg

Errances

Clair de lune
Un saut dans les feuillages
L’aigle s’envole

Αγρίμι στο ξέφωτο
Σάλτο του λαγού
Πέταγμα του αετού
© Mahs 10/02/ 2012

 

la neige s’égoutte 
dentelles et guipures figées
larmes de glace

© Mahs Aristi 1er janvier 2012

 

nuit noir
noir d’ébène
nuit sans lune
ce soir il gèle

© Mahs Aristi 1er janvier 2012

Μοναχός του Όρου
δάκρυα προσευχής
σε πιο πόνο μετέχεις;

© Mahs Aristi 31 décembre 2011

Νύχτα..Μοναχός

μες την σιωπή

έξω ψιχαλίζει

τι κάνεις;

 © Mahs Aristi 29 décembre 2011

Premières pluies

son empreinte dans les draps

la lune me sourit

© Mahs Aristi oct.2011

Dans sa bure, une ombre

Accoudée au parapet

Contemple la lune

© Mahs Elatochori sept.2012

 

 

 

 

Errances

Στην ρωγμή του χρόνου…..

Ακούω την ανάσα σου
πίσω από τους τοίχους που σε φυλάνε ………
ο ύπνος σου με νανουρίζει
και από το χρόνο το αδιαίρετο που υπάρχουμε μαζί
Ρέουν τα όνειρα μου
Είναι όμορφη
Έχει μεγάλα βελούδινα μάτια
Στο βάδισμα της……. κάτι το εύθραυστο
Μαζεύει τα μαλλιά της
με μια κίνηση καμπύλης των χεριών της
Μια ευγένεια ….εξαίσια
Που θυμίζει μια εικόνα από τα παλαιά
Άρωμα προσευχής………
Ο χρόνος ευωδιάζει λιβάνι και ψαλμούς
Archives « au creux des songes »  © Mashou
Août 2001

Errances…

Cage dorée
ma chambre d’adolescente
imprégnée d’espoirs……
d’évasion
du parfum âpre de mes douleurs
les murs suintent
larmes de sel

Il n’y souffle pas une brise

aucun son
Je me suis déchirée
à vouloir vivre mes rêves

et je me tiens devant eux
les mains ensanglantées
Les papillons de la tapisserie
restent figés sur les murs
tant et si longtemps
un seul s’est-il envolé?
Qui es-tu Toi que j’aime?
Tel un frêle cordon
un fil de soie rouge
se dévide dans les brumes matinales
à travers les hortensias roses

pervenches bleues
corbeilles d’argent
accrochées aux talus de pierres sèches
traces …
je me glisse dans la faille du temps immobile

Des potées d’agapanthes
frileuses
tremblent sous la rosée

une distance infinie
s’étire
entre ce que j’ai vécu et mes rêves inaltérables
Ce matin
le vent du nord
a chassé les nuages d’un ciel plombé

 

Archives « au creux des songes »  © Mashou
LYON août 2009

Errances…

Absence

μια ταφόπλακα που με πλακώνει
μες την ρωγμή της σιωπής ανθίζει ένα κρίνο
από την απουσίας στάζει αίμα
λερώνει τα λεύκα πέταλα

Ο Θησέας έφυγε
σκότωσε τον μινώταυρο
«η πρωταρχική δημιουργική δύναμη»
ο λαβύρινθος έμεινε κλειστός
η Αριάδνη έφυγε
την ξέχασε
ο Θησέας μονάχα τον εαυτό του αγάπησε
όλοι φύγανε
οι σκιές τους εξαφανίστηκαν
λες να τα αφομοίωσαν οι τοίχοι
ο μίτος έπεσε στο πάτωμα

μόνη έμεινα στην σιωπή του χρόνου
με την απουσία
λαμπερή
χωρίς όνομα
μες τα σκοτάδια μου
που με τυλίγει
με τα μαύρα της φτερά
η ανάσα της καεί το δέρμα
πέφτουν τα λέπια
σαν πουκάμισο φιδιού
η σάρκα πονάει
κλαίει
αιμορραγεί

στην ρωγμή του χρόνου ξύπνησα
μυστικά περάσματα ξετυλίγονται σιωπηλά
κρυφές διαδρομές μες τα κύτταρα
στάζει το αίμα
ποτίζει την γη
ανθίζει
ένα λευκό
διάφανο
κρίνο

Archives « au creux des songes »© Mashou
juin 2011